Serviteurs de Dieu
Augustin-Marie du Très Saint-Sacrement (Hermann Cohen)
Biographie
Hermann Cohen naquit à Hambourg, en Allemagne, le 10 novembre 1820, dans une ancienne famille juive. Dès l’enfance, il manifesta un talent exceptionnel pour la musique, en particulier pour le piano.
Très jeune, il partit pour Paris afin de perfectionner ses études musicales auprès de Franz Liszt, qui le considéra comme l’un de ses élèves les plus brillants. Sa virtuosité lui ouvrit les salons de la haute société et lui valut de nombreux succès, mais cette vie brillante fut aussi marquée par l’inquiétude, la vanité, les dettes et une profonde soif de bonheur.
« Putzig »
Liszt lui donna le surnom de « Putzig » et vit en lui un enfant prodige. Pendant plusieurs années, Hermann connut la célébrité, les concerts, les relations mondaines et les séductions d’un milieu où l’art se mêlait souvent aux désordres de la vie. Pourtant, au fond de lui, demeurait une attente plus grande que le succès.
« L’Hostie qui attire »
En mai 1847, alors qu’il remplaçait le chef de chœur dans une petite église parisienne, il assista à la bénédiction du Saint-Sacrement. Devant l’Hostie exposée, il éprouva une émotion intérieure qu’il ne sut d’abord expliquer. Ce fut le commencement d’un itinéraire spirituel qui le conduisit peu à peu à la foi catholique.
Il commença à fréquenter les offices, puis la messe. Lors d’un séjour à Ems, au moment de la consécration, il fut saisi par la grâce et versa d’abondantes larmes de repentir. Il dira plus tard qu’en sortant de l’église il se sentait déjà chrétien catholique, bien qu’il n’eût pas encore reçu le baptême.
De retour à Paris, il reçut le baptême le 28 août 1847, fête de saint Augustin, dans l’église Notre-Dame de Sion, prenant le nom d’Augustin. Peu après, il fit sa première communion, puis reçut la confirmation. L’Eucharistie devint alors le centre de toute sa vie.
Le père Augustin-Marie du Très Saint-Sacrement
Son désir de devenir prêtre et carme mûrit rapidement. Après avoir travaillé pour rembourser ses dettes, il entra au Carmel de Broussey et reçut l’habit religieux sous le nom de frère Augustin-Marie du Très Saint-Sacrement. Il fut ordonné prêtre le 19 avril 1851, jour de Pâques.
Son amour ardent pour Jésus Eucharistie le conduisit à promouvoir l’adoration nocturne, qu’il inaugura avec d’autres fidèles à Paris, dans l’église Notre-Dame des Victoires. Cette œuvre se diffusa ensuite dans d’autres paroisses et devint un signe durable de sa spiritualité.
Prédicateur recherché, il parcourut la France et l’Europe, annonçant la joie trouvée dans le Christ et témoignant de la puissance transformante de l’Eucharistie. Sa conversion suscita de nombreuses vocations, conversions et retours à la foi, y compris parmi ses proches.
Il contribua au renouveau du Carmel en France et en Angleterre, fonda ou restaura des communautés, et vécut ses dernières années dans un profond esprit d’offrande. Il mourut à Spandau le 20 janvier 1871, après avoir servi les prisonniers français atteints de maladie pendant la guerre.
Procédure
- Les normes canoniques concernant la procédure à suivre dans les Causes des Saints sont contenues dans la Constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister promulguée par Jean-Paul II le 25 janvier 1983 (AAS LXXV, 1983, 349-355).
- Pour introduire une Cause, il faut qu’au moins cinq ans se soient écoulés depuis la mort du candidat. Cela permet une plus grande pondération et objectivité dans l’évaluation du cas et laisse retomber les émotions du moment. Parmi les fidèles doit être clairement établie la conviction de sa sainteté (fama sanctitatis) et de l’efficacité de son intercession auprès du Seigneur (fama signorum).


